On vous l’a déjà prescrit pour mieux dormir ou calmer l’anxiété : un somnifère, un anxiolytique, parfois les deux. Mais une fois à la pharmacie, la note peut piquer. Entre les médicaments partiellement remboursés, ceux qui ne le sont plus du tout, et les alternatives naturelles qui restent souvent à votre charge, difficile de s’y retrouver. Alors concrètement, qu’est-ce que la Sécu prend en charge ? Votre mutuelle peut-elle compléter ? Et existe-t-il des solutions plus douces, efficaces et remboursées ? On fait le point sans langue de bois.
Le remboursement des benzodiazépines : 15 % seulement
Les benzodiazépines, ce sont ces médicaments qu’on vous prescrit pour l’anxiété ou les troubles du sommeil : Xanax, Lexomil, Témesta, Lysanxia… Des noms qui parlent à beaucoup de Français. Problème : le remboursement des benzodiazépines plafonne à 15 % du prix de base par l’Assurance Maladie. Autrement dit, vous payez 85 % de votre poche, sauf si votre mutuelle complète.
Ce qui est remboursé à 15 %
- Anxiolytiques : alprazolam (Xanax), bromazépam (Lexomil), lorazépam (Témesta), prazépam (Lysanxia)
- Hypnotiques : zolpidem (Stilnox), zopiclone (Imovane), loprazolam (Havlane)
- Durée de prescription limitée : généralement 4 à 12 semaines maximum selon le médicament
Votre médecin peut renouveler l’ordonnance, mais l’Assurance Maladie encourage fortement à limiter la durée d’utilisation. Ces médicaments créent une dépendance et leur efficacité diminue avec le temps.

Le rôle de votre mutuelle
Bonne nouvelle : la plupart des mutuelles seniors prennent en charge le reste (les 85 %), surtout si vous avez une formule intermédiaire ou premium. Mais attention, certaines mutuelles bas de gamme ne remboursent que partiellement, voire pas du tout. Vérifiez votre contrat, surtout si vous êtes sous traitement régulier.
Pour les seniors de plus de 60 ans, certaines mutuelles proposent des forfaits spécifiques incluant les médicaments à faible taux de remboursement. Un point à négocier absolument lors de votre souscription ou renouvellement Et les autres médicaments du quotidien ?
Les troubles du sommeil s’accompagnent souvent d’autres maux chez les seniors : douleurs articulaires, inflammations chroniques, maux de tête… Si vous prenez régulièrement des anti-inflammatoires pour soulager ces douleurs, vous vous posez sûrement la même question : sont-ils bien remboursés par ma mutuelle ?
Comme pour les somnifères, le taux de remboursement varie selon le type d’anti-inflammatoire (AINS, corticoïdes, aspirine…) et selon qu’ils nécessitent ou non une ordonnance. Certains sont remboursés à 65%, d’autres à 15%, et beaucoup vendus sans ordonnance restent entièrement à votre charge.
Pour éviter les mauvaises surprises à la pharmacie et optimiser votre reste à charge, consultez notre guide complet : Anti-inflammatoires remboursés : la liste complète et les conditions. Vous y trouverez tous les taux de remboursement Sécu et mutuelle, ainsi que les alternatives mieux prises en charge.
La mélatonine : remboursée ou non ?
Parlons franc : la mélatonine n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie en France, sauf cas très particulier. Pourquoi ? Parce que la plupart des compléments de mélatonine sont vendus en pharmacie sans ordonnance, comme des compléments alimentaires, pas comme des médicaments.
Le seul cas de remboursement
Il existe un seul médicament à base de mélatonine remboursé : le Circadin (mélatonine à libération prolongée). Conditions strictes :
- Réservé aux patients de 55 ans et plus
- Pour l’insomnie primaire (pas liée à une autre maladie)
- Remboursé à 15 % par la Sécu
- Nécessite une ordonnance
Pour tous les autres produits (Chronobiane, Euphytose Nuit, Arkorelax Sommeil…), c’est 100 % à vos frais. Comptez entre 8 et 20 € la boîte selon les marques.
Mutuelle et mélatonine
Rares sont les mutuelles qui remboursent les compléments alimentaires à base de mélatonine. Certaines proposent un forfait médecines douces ou prévention santé qui peut inclure ces produits, mais c’est loin d’être systématique. Là encore, lisez bien les petites lignes de votre contrat.

Alternatives naturelles aux somnifères : lesquelles sont remboursées ?
Vous voulez éviter les benzodiazépines ? Logique. Mais du côté des alternatives naturelles somnifères remboursées, c’est le désert. La Sécu ne prend en charge aucun complément alimentaire, qu’il contienne de la valériane, de la passiflore, du magnésium ou du tryptophane. Cette situation n’est pas propre aux somnifères : de nombreux médicaments du quotidien ne bénéficient plus de remboursement, alors que des alternatives thérapeutiques équivalentes restent prises en charge. Pour découvrir quelles solutions remboursées peuvent remplacer vos traitements non pris en charge, consultez notre article Médicaments non remboursés : le guide des alternatives prises en charge
Ce qui n’est PAS remboursé
- Phytothérapie (plantes en gélules ou tisanes)
- Compléments alimentaires pour le sommeil
- Huiles essentielles relaxantes
- Homéopathie (depuis 2021, le remboursement a été supprimé)
- Acupuncture (sauf convention spécifique)
Les exceptions possibles
Quelques mutuelles santé proposent un forfait annuel pour les médecines douces ou la prévention. Montants généralement modestes (50 à 150 € par an), mais c’est toujours ça de pris. Ce forfait peut couvrir :
- Consultations chez un naturopathe ou un sophrologue
- Séances de relaxation ou de méditation guidée
- Cure thermale pour troubles du sommeil (sur prescription)
Que rembourse vraiment votre mutuelle ?
Avec l’âge, les troubles du sommeil s’accentuent. D’où l’importance de bien choisir sa mutuelle somnifères seniors. Voici ce qu’il faut vérifier dans votre contrat :
Points de vigilance
| Type de prise en charge | À vérifier |
|---|---|
| Médicaments à 15 % | Complément à 100 % ou plafond annuel ? |
| Forfait médecines douces | Montant ? Quelles pratiques incluses ? |
| Consultations spécialisées | Psychiatre, sophrologue, psychologue remboursés ? |
| Cures thermales | Participation ? Conditions d’accès ? |
Beaucoup de seniors découvrent trop tard que leur mutuelle ne couvre pas les anxiolytiques ou somnifères. Comparez les contrats avant de souscrire, surtout si vous êtes déjà sous traitement.

Les vraies alternatives qui marchent (sans se ruiner)
Plutôt que de multiplier les compléments alimentaires non remboursés, misez sur des approches validées scientifiquement et parfois prises en charge :
Thérapies comportementales et cognitives (TCC)
- Remboursées par la Sécu si pratiquées par un psychiatre ou un psychologue conventionné
- Efficacité prouvée sur l’insomnie chronique
- Pas d’effets secondaires ni de dépendance
Activité physique adaptée
- Sur prescription médicale, certaines activités sont remboursées (affection longue durée)
- Améliore naturellement la qualité du sommeil
- Réduit l’anxiété sans médicament
Gestion de la douleur nocturne
Les douleurs articulaires ou inflammatoires perturbent souvent le sommeil des seniors. Si vous prenez régulièrement des anti-inflammatoires le soir pour mieux dormir, vérifiez qu’ils sont bien remboursés : certains AINS nécessitent une ordonnance pour être pris en charge, d’autres restent entièrement à votre charge même prescrits. Pour connaître précisément les anti-inflammatoires remboursés et optimiser votre reste à charge, consultez notre guide Anti-inflammatoires remboursés : la liste complète et les conditions.
Consultations de suivi
Un médecin généraliste ou psychiatre peut vous accompagner dans le sevrage progressif des benzodiazépines. Ces consultations sont remboursées à 70 % par la Sécu, complétées par votre mutuelle.
Dormir correctement sans se ruiner, c’est possible. Mais ça demande de bien connaître vos droits au remboursement, de comparer les mutuelles, et d’oser parler à votre médecin des alternatives aux somnifères classiques. Entre les benzodiazépines remboursées à 15 %, les compléments non pris en charge, et les thérapies douces qui peuvent l’être sous conditions, le parcours est parfois complexe. L’essentiel ? Ne restez pas seul avec vos insomnies. Des solutions existent, remboursées ou abordables, et votre santé mérite qu’on y consacre le temps nécessaire.



