Vous venez de vous faire rentrer dedans au feu rouge, ou vous avez accroché une voiture en marche arrière sur un parking. Le stress monte, l’autre conducteur sort de sa bagnole énervé, et vous devez remplir ce fameux constat amiable dont vous avez déjà entendu parler mais que vous n’avez jamais vraiment regardé en détail. C’est là que la plupart des gens font des erreurs monumentales qui leur coûteront des milliers d’euros. Parce qu’un constat mal rempli, c’est la porte ouverte à des contestations, des batailles avec l’assurance, et une perte totale de votre bonus. Alors avant de griffonner n’importe quoi sous la pression, on va voir ensemble les 12 erreurs à ne JAMAIS commettre quand vous remplissez un constat amiable.
Les erreurs avant même de commencer le constat
Erreur 1 : Ne pas sécuriser les lieux de l’accident
Première erreur, et elle peut être mortelle au sens propre : rester sur la chaussée pour remplir le constat alors que des voitures passent à 90 km/h à côté de vous. Chaque année en France, des accidents secondaires font des morts parce que les conducteurs restent plantés au milieu de la route.
Selon l’article R412-1 du Code de la route, vous devez immédiatement sécuriser la zone. Mettez vos feux de détresse, sortez votre gilet jaune (obligatoire depuis 2008), placez votre triangle de signalisation à au moins 30 mètres en amont. Si vous êtes sur autoroute et que les véhicules sont encore roulants, dégagez-vous vers la bande d’arrêt d’urgence ou mieux, la sortie la plus proche.
À Lyon en 2023, un automobiliste a été percuté par un camion alors qu’il remplissait son constat sur la voie de droite du périphérique. Les deux véhicules de l’accrochage initial étaient encore roulants. Résultat : trois blessés graves et un traumatisme qui aurait pu être évité.
Erreur 2 : Oublier de prendre des photos
Vous êtes pressé, l’autre conducteur aussi, et vous vous dites « bon, on remplit vite fait le papier et on se tire ». Grosse erreur. Sans photos, si l’autre partie conteste le constat après coup, vous n’aurez aucune preuve pour vous défendre.
Prenez systématiquement des photos :
- Vue d’ensemble de la scène avec les deux véhicules
- Les dégâts sur votre voiture sous tous les angles
- Les dégâts sur l’autre véhicule
- Les traces de freinage ou débris au sol
- Les plaques d’immatriculation des deux véhicules
- L’environnement (feu tricolore, stop, priorité, etc.)

Erreur 3 : Ne pas noter les coordonnées des témoins
Un témoin, c’est de l’or en cas de litige. Si l’autre conducteur change sa version des faits après coup (et ça arrive très souvent), un témoin indépendant peut tout changer. Notez le nom, prénom, adresse et numéro de téléphone de toute personne ayant assisté à l’accident. Demandez-leur s’ils acceptent de témoigner si besoin.
À Paris, un automobiliste a échappé à une déclaration de responsabilité totale grâce à un témoin qui avait vu l’autre voiture griller le feu rouge. Sans ce témoignage, c’était parole contre parole, et l’assurance aurait probablement partagé les responsabilités 50/50.
Les erreurs pendant le remplissage du constat
Erreur 4 : Remplir le constat au stylo effaçable ou au crayon
Ça peut sembler con, mais des gens le font. JAMAIS de crayon ou de stylo effaçable pour remplir un constat amiable. Utilisez uniquement un stylo à bille classique, idéalement noir ou bleu foncé. Pourquoi ? Parce qu’avec un crayon ou un Frixion, l’autre conducteur peut modifier le constat après votre départ, et vous vous retrouvez avec une version complètement différente de celle que vous avez signée.
Erreur 5 : Ne pas remplir TOUTES les cases obligatoires
Un constat incomplet, c’est un cauchemar pour les assureurs et pour vous. Vous devez absolument remplir :
- Date, heure et lieu exact de l’accident
- Les coordonnées complètes des deux conducteurs
- Les coordonnées des assureurs (nom de la compagnie, numéro de contrat, numéro de carte verte)
- Les immatriculations des véhicules
- La case des circonstances (les petites croix)
- Le croquis de l’accident
- Les dégâts visibles sur chaque véhicule
Certains oublient même de dater ou de signer. Sans signature des deux parties, le constat n’a aucune valeur.
Erreur 6 : Cocher les mauvaises cases de circonstances
C’est là que ça devient technique. Sur le constat amiable, vous avez une grille de 17 cases de circonstances. Chaque conducteur coche les cases qui correspondent à sa situation. Ces cases déterminent directement qui est responsable.
Les cases les plus importantes :
- Case 1 : En stationnement / à l’arrêt
- Case 4 : Déboîtait
- Case 9 : Changeait de file
- Case 12 : Venait de droite
- Case 13 : N’avait pas respecté un signal de priorité ou un feu rouge
Si vous cochez la mauvaise case par ignorance, vous pouvez vous retrouver responsable alors que vous ne l’êtes pas. Prenez le temps de lire attentivement chaque case avant de cocher. En cas de doute, ne cochez rien et expliquez la situation dans la partie « Observations ».

Erreur 7 : Laisser l’autre conducteur remplir votre partie
Vous êtes choqué, sous pression, ou vous ne comprenez pas bien comment ça marche. L’autre conducteur, plus à l’aise, vous propose « je remplis les deux parties, c’est plus simple ». REFUSEZ catégoriquement. Chacun remplit SA colonne, point final.
Il y a des escrocs qui profitent de cette situation pour cocher des cases qui vous désavantagent ou pour modifier les informations après coup. Vous signez un document que vous n’avez pas rempli vous-même, et vous découvrez plus tard que selon le constat, c’est 100% votre faute.
Erreur 8 : Signer un constat vierge ou incomplet
On vient de le dire, mais ça mérite d’être répété : ne signez JAMAIS un constat qui n’est pas entièrement rempli. Certains conducteurs disent « on finira de le remplir plus tard, signons déjà ». C’est non. Une fois que vous avez signé, le document est validé tel quel. L’autre peut y ajouter ce qu’il veut après votre départ.
Les erreurs sur le contenu du constat
Erreur 9 : Admettre votre responsabilité dans les observations
Il y a une différence énorme entre décrire factuellement ce qui s’est passé et reconnaître explicitement votre faute. Dans la partie « Observations », décrivez les faits de manière neutre sans jamais écrire des phrases comme « je suis désolé, c’est de ma faute » ou « je n’ai pas vu le stop ».
Contentez-vous d’écrire : « Le véhicule A circulait sur la rue X en direction de Y. Le véhicule B débouchait de la rue Z. » Point. Laissez les assureurs déterminer les responsabilités avec les éléments factuels.
Selon l’article L211-1 du Code des assurances, même si vous pensez être responsable, votre assureur a l’obligation de vous défendre. En admettant votre faute par écrit sur le constat, vous leur enlevez toute marge de manœuvre.
Erreur 10 : Oublier de dessiner le croquis
Le petit schéma en bas du constat, ce n’est pas une décoration. C’est souvent l’élément qui fait pencher la balance en cas de litige. Dessinez clairement :
- La position des véhicules au moment de l’impact
- Le sens de circulation de chaque véhicule (avec des flèches)
- Les éléments fixes (feux, stops, passages piétons, ronds-points)
- Le point d’impact
Pas besoin d’être Picasso, mais le schéma doit être lisible et cohérent avec les cases de circonstances cochées. Un croquis mal fait ou contradictoire avec le reste du constat crée des doutes et peut retarder l’indemnisation de plusieurs semaines.
Erreur 11 : Ne pas garder de copie du constat
Vous remplissez tout, vous signez, et vous donnez le volet carbone à l’autre conducteur… mais vous oubliez de prendre votre propre exemplaire. Quelques jours plus tard, vous voulez vérifier ce que vous avez écrit, et vous ne vous souvenez plus exactement.
Le constat amiable comporte deux exemplaires autocopiants. Chaque conducteur repart avec un exemplaire. Gardez-le précieusement avec vos papiers d’assurance. Prenez aussi une photo du constat complet avec votre téléphone, au cas où vous perdriez le papier.
Erreur 12 : Ne pas envoyer le constat dans les délais légaux
Une fois le constat rempli, vous avez 5 jours ouvrés maximum pour l’envoyer à votre assureur (article L113-2 du Code des assurances). Passé ce délai, votre assureur peut refuser de prendre en charge le sinistre ou réduire votre indemnisation.
Envoyez-le en recommandé avec accusé de réception, ou déposez-le directement en agence en demandant un reçu. Certains assureurs permettent aussi de le scanner et l’envoyer via leur application mobile, ce qui est encore plus rapide.
À Marseille, un conducteur a laissé traîner son constat pendant 3 semaines « parce qu’il était en vacances ». Son assureur a refusé de le couvrir, et il a dû payer de sa poche les 4 500 euros de réparations de l’autre véhicule.

Que faire si vous réalisez une erreur après coup ?
Vous êtes rentré chez vous, vous relisez votre constat, et vous vous rendez compte que vous avez fait une erreur : mauvaise case cochée, information manquante, ou pire, vous avez signé un constat que l’autre a modifié. Pas de panique, il y a des solutions.
Vous avez 15 jours à partir du jour de l’accident pour envoyer une lettre recommandée à votre assureur expliquant votre version des faits et signalant les erreurs ou anomalies du constat. Joignez vos photos, les coordonnées des témoins, et tout élément qui peut appuyer votre défense.
Si vous suspectez une fraude (modification du constat après signature), déposez plainte au commissariat et transmettez le récépissé à votre assureur. Ils manderont un expert qui comparera les écritures et pourra détecter les modifications frauduleuses.
Une fois le constat amiable correctement rempli et envoyé, l’aventure ne fait que commencer. Votre assureur va analyser le document, déterminer les responsabilités, et lancer le processus d’expertise et d’indemnisation. Pour comprendre toutes les étapes qui suivent le constat, de la déclaration officielle jusqu’au versement de l’indemnisation, consultez notre guide complet Sinistre Auto : De l’Accident à l’Indemnisation, le Processus Complet Détaillé.
Le constat amiable est un document juridique qui engage votre responsabilité et détermine qui paie quoi. Les 5 minutes que vous prenez pour le remplir correctement peuvent vous faire économiser des milliers d’euros et des mois de galère administrative. Alors la prochaine fois que vous avez un accrochage, respirez un coup, sécurisez la zone, prenez vos photos, et remplissez chaque case avec attention. Votre assureur et votre porte-monnaie vous remercieront. Et si jamais vous avez un doute sur la procédure complète à suivre après un accident, n’oubliez pas de consulter Sinistre Auto : De l’Accident à l’Indemnisation, le Processus Complet Détaillé notre guide exhaustif qui vous accompagne de A à Z dans la gestion de votre sinistre.


