découvrez précisément quels anti-inflammatoires sont pris en charge par la Sécurité sociale, à quel taux, et comment éviter de payer plein tarif à la pharmacie.
Quand on souffre d’une tendinite après une session de sport au parc des Buttes-Chaumont ou d’une rage de dents un dimanche soir, la question du remboursement des anti-inflammatoires arrive vite. Entre les AINS disponibles sans ordonnance à 3€ et ceux sur prescription à 8€, difficile de s’y retrouver. Pourtant, la différence de prise en charge peut vous faire économiser plusieurs dizaines d’euros par an, surtout si vous avez des douleurs chroniques.
Les anti-inflammatoires remboursés par la Sécurité sociale
La réalité française du remboursement des anti-inflammatoires est assez simple : seuls les médicaments prescrits sur ordonnance peuvent être remboursés par l’Assurance maladie. Pas d’ordonnance, pas de remboursement, même si le pharmacien vous vend le même produit.
Les AINS remboursés à 65%
L’écrasante majorité des anti-inflammatoires non stéroïdiens figurent sur la liste des médicaments remboursables à hauteur de 65% du tarif conventionné. Votre mutuelle couvre généralement les 35% restants, ce qui vous permet d’avoir un reste à charge quasi nul.
Liste des principaux anti-inflammatoires pris en charge :
- Ibuprofène (Advil, Nurofen, versions génériques) : environ 2,50€ la boîte, remboursé 1,63€
- Kétoprofène (Bi-Profenid, Toprec) : environ 3,20€, remboursé 2,08€
- Naproxène (Apranax, Naprosyne) : environ 2,80€, remboursé 1,82€
- Diclofénac (Voltarène) : environ 3,50€, remboursé 2,28€
- Célécoxib (Celebrex) : environ 15€ la boîte, remboursé 9,75€
- Acide niflumique (Nifluril) : environ 2,90€, remboursé 1,89€
- Piroxicam (Feldène) : environ 4,20€, remboursé 2,73€

Les anti-inflammatoires stéroïdiens (corticoïdes)
Les corticoïdes comme la prednisolone (Solupred, Cortancyl) ou la bétaméthasone (Celestène) sont également remboursés à 65% sur ordonnance. Une boîte de Solupred 20 mg coûte environ 2,40€, dont 1,56€ pris en charge par la Sécu.
La grande différence : ordonnance versus automédication
Prenons l’exemple concret d’une boîte d’ibuprofène 400 mg :
- Avec ordonnance : prix moyen 2,50€ → vous payez 0,88€ (après remboursement Sécu + mutuelle)
- Sans ordonnance : même médicament à 3,20€ → vous payez 3,20€ (aucun remboursement)
Sur une année avec quatre boîtes achetées, la différence atteint près de 10€. Pour quelqu’un qui gère une polyarthrite ou des migraines fréquentes, l’économie annuelle peut dépasser 50€.
Comment se vit le remboursement des anti-inflammatoires en France
Dans l’Hexagone, le système de remboursement des médicaments crée une véritable culture de la prescription médicale. Contrairement aux pays anglo-saxons où l’automédication domine, les Français consultent volontiers leur médecin pour obtenir une ordonnance, ne serait-ce que pour bénéficier du tiers payant.
Le parcours type du patient français
Un habitant de Lyon qui se tord la cheville un mardi matin va généralement :
- Appeler son médecin traitant (consultation à 26,50€, remboursée à 70%)
- Obtenir une ordonnance pour un anti-inflammatoire
- Se rendre à la pharmacie du quartier (Croix-Rousse, Bellecour…)
- Présenter sa carte Vitale et sa mutuelle
- Payer uniquement le ticket modérateur si sa mutuelle est à jour
Coût réel de la démarche : environ 8€ (reste à charge consultation) + 1€ (médicament) = 9€ total, contre 15 à 20€ en automédication complète sur plusieurs semaines.
Les contraintes du système français
La législation française impose des limites strictes sur les anti-inflammatoires en vente libre. Depuis 2020, suite aux alertes de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament), les boîtes d’ibuprofène et de kétoprofène sans ordonnance sont limitées en nombre de comprimés et affichent des messages d’alerte bien visibles.
À Paris, Lyon ou Marseille, impossible d’acheter plus d’une boîte d’Advil 400 mg sans ordonnance, là où un Espagnol peut repartir avec trois boîtes de sa pharmacie. Cette restriction pousse naturellement vers la consultation médicale pour les traitements de plus de quelques jours.
pour comprendre l’ensemble des médicaments non remboursés et leurs alternatives
Les conditions précises de remboursement
Que rembourse exactement la Sécurité sociale ?
L’Assurance maladie prend en charge 65% du prix de base inscrit au répertoire des médicaments génériques. Ce tarif est souvent inférieur au prix réel en pharmacie, surtout pour les médicaments de marque.
Exemple concret :
- Nurofen 400 mg (marque) : 4,50€ en pharmacie
- Prix de base remboursable : 2,50€
- Remboursement Sécu (65%) : 1,63€
- Vous payez : 2,87€ (4,50€ – 1,63€)
Avec un générique ibuprofène à 2,50€, vous ne payez que 0,87€ après remboursement Sécu et mutuelle.
Les cas particuliers de remboursement
Anti-inflammatoires remboursés à 100% : uniquement pour les affections de longue durée (ALD) reconnues comme la polyarthrite rhumatoïde ou certaines pathologies invalidantes. Un patient reconnu en ALD à Toulouse ou à Nantes bénéficie du tiers payant intégral.
Les exclusions : les formes locales (gels, crèmes) d’anti-inflammatoires comme le Voltarène Emulgel ne sont jamais remboursées, même sur ordonnance. Une tube coûte entre 7€ et 12€ selon la taille, entièrement à votre charge.

Les pièges à éviter pour optimiser le remboursement
Piège n°1 : acheter sans ordonnance par commodité
Un dimanche à Bordeaux, vous avez mal au dos et la pharmacie de garde vous vend de l’ibuprofène sans ordonnance. Réflexe français classique : vous payez plein pot. Mieux vaut attendre le lendemain, consulter en téléconsultation (via Doctolib, Qare ou Livi) pour 25€ remboursés, et obtenir une ordonnance.
Piège n°2 : choisir la marque plutôt que le générique
Dans les pharmacies parisiennes du 16ème arrondissement comme ailleurs, certains patients refusent les génériques. Résultat : ils paient la différence de prix sans remboursement supplémentaire. L’économie annuelle avec les génériques peut atteindre 30 à 50€ pour un usage régulier.
Piège n°3 : ignorer sa mutuelle
Certaines mutuelles remboursent au-delà des 35% réglementaires, notamment pour les contrats haut de gamme. À Strasbourg, Lille ou Nice, vérifiez votre contrat : vous avez peut-être droit à 100% voire 150% du tarif conventionné, ce qui couvre même le dépassement des médicaments de marque.
Pour les patients souffrant de pathologies chroniques comme l’arthrose, les remboursements spécifiques méritent une attention particulière
Les alternatives locales et pratiques
Les maisons de santé pluriprofessionnelles
Dans les quartiers populaires comme Barbès à Paris ou la Guillotière à Lyon, les maisons de santé pratiquent systématiquement le tiers payant. Vous n’avancez aucun frais pour la consultation ni pour les médicaments à la pharmacie partenaire.
Les pharmacies mutualistes
Présentes à Grenoble, Rennes ou Montpellier, ces pharmacies appliquent souvent des prix plus bas et facilitent les démarches de remboursement avec votre mutuelle directement au comptoir.
La téléconsultation, alliée du remboursement
En 2024-2025, une téléconsultation remboursée coûte entre 0€ et 7€ de reste à charge selon votre mutuelle. Vous obtenez votre ordonnance par mail en 20 minutes, direction la pharmacie pour récupérer vos anti-inflammatoires remboursés. Pratique courante désormais de Brest à Perpignan.

Les anti-inflammatoires remboursés représentent une économie non négligeable dans le budget santé des Français, particulièrement pour ceux qui souffrent de douleurs récurrentes. En privilégiant systématiquement l’ordonnance, les génériques et une mutuelle adaptée, vous transformez une dépense de 50 à 80€ par an en quelques euros seulement. Le système français favorise clairement ceux qui jouent le jeu du parcours de soins coordonné, ce qui explique pourquoi même pour un simple mal de dos, un détour chez le médecin reste le réflexe le plus rentable.



